L’Italie DES MUSICIENS

L’Italie DES MUSICIENS

ABBEVILLE 80

Concert du Conservatoire organisé en partenariat avec le Musée Boucher de Perthes d’Abbeville dans le cadre  des « Heures italiennes trésors méconnus de la peinture italienne en Picardie ». Au programme : œuvres des XVIIIème et XIXème siècles. Au XIXème siècle, l’Italie à la fois fascine et déconcerte les musiciens. C’est l’impression qui ressort des lettres de Liszt et Berlioz. À la vue de Raphaël et de Michel-Ange, Liszt comprend mieux Mozart et Beethoven. Jean de Pise, Fra Beato, Francia lui expliquent Allegri, Marcello, Palestrina. Il trouve le Colysée et le Campo Santo pas si étrangers à la Symphonie fantastique et au Requiem. Et il espère que Dante trouvera son expression musicale dans le Beethoven de l’avenir.

En Italie écrit Liszt, ” le beau apparaît sous ses formes les plus pures et les plus sublimes, l’art se révèle dans son universalité et son unité “. Mais les musiciens italiens ne sont pas assez bons pour s’associer à ses concerts, alors il crée le récital moderne, déclarant : ” Le concert, c’est moi “. Berlioz abonde dans ce sens : ” Que peut aller chercher un musicien en Italie “, s’exclame-t-il alors qu’il se voit contraint de s’y rendre après l’obtention du Prix de Rome. ” Vous savez bien qu’il n’y a point de musique en Italie : il n’y a pas seulement moyen d’y faire exécuter un quatuor “. De fait, au regard de Paris, l’Italie du XIXème siècle fait plutôt piètre figure. ” De pauvres exécutants incapables, de malheureux maestri ignorants “, de mauvais théâtres. Pourtant il en est un qui est très loin d’être un ” pauvre exécutant incapable “, qui fascine et suscite un enthousiasme proche de l’envoûtement : c’est Paganini à la virtuosité inouïe. N’aurait-il pas conclu un pacte avec le diable, se demande-t-on. On peut multiplier les exemples de ce mélange d’enchantement et de désenchantement que suscite l’Italie chez les musiciens. Et cela non seulement au XIXème siècle.

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Souvenons-nous de la Querelle des Bouffons au milieu du XVIIIème siècle qui opposa défenseurs de la musique française derrière Rameau et partisans d’une italianisation de l’opéra français derrière Rousseau. L’exposition organisée par le musée à partir de ses fonds de collection montre une Italie rêvée que celui qui ne peut pratiquer le Grand Tour découvre au travers d’oeuvres figurant paysages et lieux enchanteurs. Le musée exposera des gravures représentant les lieux visités par les touristes fortunés du XVIIIème siècle, des vues panoramiques et des gravures à usage nouveau et distrayant : les vues d’optique. Une exposition à ne pas manquer.

20h, Musée Boucher de Perthes. Tarif 12€50/8€50.

Infos : 03 22 24 41 28

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Abbeville

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